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jeudi 17 avril 2014

ma méthode avec les meufs


Je suis à peu près bien calé sur mon siège en plastique. Ma tête, penchée en arrière, s'appuie contre la cloison en carton préfabriqué. Je regarde fixement le néon allumé dans lequel une mouche morte passe le temps.
Je trouve ça très intéressant.
J'ai malgré tout conscience du reste: les dalles du faux plafond, le carrelage au sol, la couleur beige cradingue d'un mur, en face. Je crois vaguement me souvenir que dans les chiottes, les miroirs ont une forme strictement rectangulaire, sans frises, sans ornementation.
Le tube de gaz rares fatigués me transmet lui aussi un message beige vieux pipi pour hospice de morlocks.
Mais si ça se trouve, je suis dans une administration. Ma tête ne bouge pas. Mon corps ne bouge pas. Je regarde la mouche morte.
"Dis-moi, mouche, suis-je dans un hospice de morlocks ou dans une administration?"
Evidemment, je ne dis pas cela à voix haute car cela pourrait mettre mal à l'aise la personne qui se trouve dans la pièce avec moi. Disons qu'il me semble qu'il y a quelqu'un avec moi. Alors je pense très fort ma question.
La mouche ne réagit pas. La personne non plus.
Des spirales luminescentes se forment devant mes yeux et créent une géométrie complexe avec le trait horizontal du tube.
Sauf erreur, je n'ai rien mangé depuis hier midi.
Je me dis que je pourrais manger une tartine de mouches mortes sur une tranche préalablement agrémentée d'une couche d'oméga-3 et 6 mais je n'ai pas emporté de tartine avec moi. Je n'ai pas davantage d'oméga-3, ni d'oméga-6. J'ai oublié mes mouches mortes dans le frigo.
J'ai l'impression que mon siège en plastique va se disloquer sous mon poids. Puis, venant de ma gauche, j'entends une sorte de bip. Je tourne la tête et vois un écran mural avec 292 écrit dessus.
Je m'aperçois que j'ai à la main (gauche) un petit morceau de papier sur lequel est écrit 292. Le morceau est taillé d'une manière qui n'est pas sans m'évoquer un vaisseau spatial vu à la verticale.
Finalement, je me trouve bien dans une administration. Et ce n'est pas une seule personne qui se trouve dans la pièce avec moi, mais des dizaines.
Je me lève, marche vers le guichet qui appelle le 292. C'est le guichet 28. Au guichet 28 est assise une vieille peau qui a très envie de se barrer.
Je dépose délicatement mon vaisseau 292 dans la petite corbeille posée sur son burlingue et l'administratrice me regarde comme si j'étais le dernier survivant de la planète Shiton.
"Bonjour-c'est-pour-quoi?"
— Bonjour, c'est pour rien. J'avais juste envie d'avoir un ticket avec une nana.
Et je pars d'un grand rire. L'autre a maintenant la bouche bien ouverte mais je ne tente pas d'en profiter. Je voulais juste avoir un ticket avec une nana. J'ai eu de la chance. J'aurais pu tomber sur un mec.
Je la remercie, m'en vais, la laisse à sa Cessation Progressive d'Activité.
Je finis par sortir du bâtiment. Je me retrouve sur un trottoir. Dans la rue, des bus passent, des gens marchent. Le ciel est gris. Le gris est une très jolie couleur, je trouve.
J'ai faim. J'aperçois un kebab à néons, sur le trottoir d'en face. Je pense que je vais y aller faire un tour.
Mes jambes sont un peu engourdies malgré ma retraversée des bureaux et du hall.
C'est vrai aussi que j'étais assis sur mon siège depuis facile trois heures et cinquante-quatre minutes.





Qui étreint Etronman?


D'insouciants vagins riaient tout autour de son corps con, dans les rues, les commerces, les lieux publics, même la cour intérieure de sa résidence. Le printemps était revenu mais lui, l'immonde Etronman, était condamné à se planquer derrière les abribus, les poteaux de lampadaires, la bave aux lèvres et la main dans le froc. Les vagins prenaient souvent le tram, par exemple, pour aller réviser leurs examens dans les différents jardins publics de la ville. Etronman les suivait à distance, enrageait de ne pouvoir s'en approcher. Les vagins auraient probablement fui devant sa gueule de poisson crevé. Chaque vagin était muni d'une paire de jambes. Etronman, huileux de foutre dans son slip et de sueur dans son sous-pull marron rance, s'appelait en réalité Tony Snark, c'est-à-dire quand il n'était pas dans la peau d'Etronman. En fait, il s'appelait même Moudu. Moudu, qui était au chômage depuis au moins, avait d'abord tenté de se lancer dans une carrière de Captain Strasbourg, le justicier masqué de Strasbourg. Sa collection de Strange l'avait fortement inspiré. Mais il avait ensuite opté pour Captain C.U.S., le justicier de la C.U.S. (Communauté Urbaine de Strasbourg) parce que ça sonnait mieux. Seulement, ça rajoutait un max de territoire à couvrir. Au final, il n'avait rien fait du tout. Le costard, à la limite, ne posait pas trop de problème: une vieille parka dont il aurait remonté la capuche sur sa tête ceinte d'une vieille écharpe rouge avec deux trous à la place des yeux.

Sauf qu'avant même d'avoir concrétisé son projet, Moudu avait découvert que sa voisine d'en face, dans sa cour intérieure, n'en avait strictement rien à foutre de lui malgré ses tentatives pour l'impressionner favorablement. Tout le drame de l'identité secrète, en somme. Sa conscience s'était alors lestée d'une désormais indéfectible amertume et il était devenu Etronman, sans costume, Etronman dans les rues, en plein jour! Au nez et à la barbe des habitants de la C.U.S.! À l'insu des vagins!

Chaque vagin était également équipé d'un torse où étaient accrochés des seins. Etronman aimait bien aussi.

Il n'était pas devenu Captain C.U.S. mais, en définitive, il en passait du temps, dehors, sur toutes les lignes du tram.




vendredi 28 mars 2014

c'est dommage que tu ne m'aies pas eu comme prof


Quand je suis descendu du train, j'étais déjà entamé. J'avais descendu du whisky en flask pendant le trajet, pas très long, mais assez long quand même. C'était une des premières belles journées de printemps, une entreprise m'avait demandé de faire deux interventions auprès des salariés. Je ne sais plus comment ils ont fini par arriver jusqu'à moi. Je suis arrivé jusqu'à eux, dans ce patelin paumé, charmant, avec une belle petite friche industrielle. Une fois le train reparti, j'ai un peu gerbé sur les rails, juste pour dire. Je n'avais pas peur, il ne passe que deux trains par jour, dans ce canton.
Je me suis présenté à l'entrée, ils m'ont offert une bière. Ils buvaient aussi, le directeur, la DRH, le délégué syndical, les manars, tous, quoi. Ils étaient même bien chauds, en fait. Je devais leur faire un petit semblant d'initiation de remise à niveau en anglais, suite à des modes d'emploi chiants, sur certaines machines, certaines pièces, rédigés en anglais par des Chinois qui ne parlent que chinois.
J'avais dégobillé juste avant, ça tombait bien; ça m'a fait de la place pour descendre des bières. Ils étaient super contents de me voir. À un moment, je ne sais plus pourquoi, je leur ai parlé en français d'ésotérisme, de la différence entre occultisme et ésotérisme. Ils étaient super intéressés, vraiment. Et puis à treize heures, on a arrêté, ils sont tous venus me serrer la main pour me remercier. "Grâce à vous, on a appris quelque chose."
Ils m'ont invité à la cantine, du coup. Je m'étais prévu une pizzeria ou un kebab en bout de commune, entre, je ne sais pas, du colza bien jaune et des transformateurs électriques bien rouillés mais, par politesse, je n'ai pas refusé leur offre. Ça n'était pas trop mauvais, d'ailleurs (des lasagnes).
L'après-midi, sur les quatorze heures, j'ai pris l'autre groupe, après être allé pisser mes bières. Eux aussi m'ont proposé à boire. Quelques kilomètres plus loin, de toute façon, il y avait une des plus grandes brasseries d'Europe, alors on allait rester dans le contexte, quand même...
J'ai commencé à les remettre à niveau et puis, je ne sais pas pourquoi, je leur ai parlé en français des super-héros diurnes et des super-héros nocturnes. Je leur ai expliqué en quoi Doctor Strange différait d'Iron Man. Ils étaient super contents. On a redescendu des bières. À dix-sept heures, même topo: ils sont tous venus me serrer la louche avec une gratitude que, par modestie, je ne réclamais pas. (C'est vrai, je ne la réclamais pas. Je vous assure.) Le directeur et la DRH avaient même voulu assister à la session de l'après-midi car ceux du matin leur avaient communiqué leur enthousiasme. Eux aussi, raides défoncés, ont été chaleureux avec moi.
À 18h27, j'avais le TER dans l'autre sens. Avant de monter, j'ai pissé derrière un buisson (je m'étais pourtant déjà vidé dans des chiottes, à la boîte; pour le paiement, ils avaient mon RIB). Une fois bien calé sur mon siège, j'ai ressorti le whisky de ma sacoche. J'avais une petite demi-heure avant de débarquer dans la capitale régionale. J'ai repris ma lecture du moment, un bouquin de Rudolf Steiner.
Steiner, c'est de la théosophie, attention. C'est à lire avec prudence, avec discernement.
Mais je ne pense pas me tromper en disant que de la prudence et du discernement, je n'en manque pas.




mercredi 26 mars 2014

coprocopies (en A3)


Le truc, c'est de dire que tu as des photocopies à faire. Tu te rappelles soudain que tu as des photocopies à tirer pour l'heure d'après, que tu avais oublié, tout ça. Mais il faut savoir jouer. Tu dois afficher une préoccupation certaine; remarque, vu ton envie de chier, tu as déjà l'air de ne pas nager dans le pur bonheur. Je n'ai pas besoin de te dire de serrer les fesses car, spontanément, c'est ce que tu fais sans réfléchir. Je connais bien le problème, ça m'est arrivé plus d'une fois. Donc, là, mettons, tu es en train d'expliquer un truc à un groupe de, je sais pas, des bac pro, tiens. Des terminales bac pro. Tu leur expliques par exemple que le prétérit ne s'emploie pas comme le present perfect, que les constructions sont différentes, etc. Tu assortis d'exemples et comme c'est un petit groupe pas chiant, tu fais ça relax. Mais la turbine à caca soudain s'active. Tu reconnais immédiatement la sensation. Familier ou familière de ton corps, tu n'as pas besoin de méditer en te calant dans les trous de nez des cristaux atlantes en plastique véritable pour savoir que tu disposes tout au plus d'une dizaine de minutes avant l'apparition des premières fissures dans le barrage.
D'où la ruse des photocopies. 
Tu te dis: "Bon, ceux-là ne sont pas des minots, je sais qu'ils ne foutront pas le bordel dès que j'aurai le dos tourné, au pire ils ne glanderont rien pendant quelques minutes mais on s'en fout, ils auront tous leur bac à la fin de l'année, même avec un niveau troisième." Je sais, tu vas dire que je ne suis pas gentil. C'est vrai: je ne le suis pas. Mais tu comprends, j'ai sacrément envie d'aller chier. Enfin, TU en as envie. C'est toi que je place dans cette situation. À ma place, tu ferais pareil, tu réagirais pareil. Viens pas me faire ton offusquée là, je le conjugue volontairement au féminin).
Après, une fois dans le couloir, il faut conserver le self-control. Avec un peu de chance, tu ne croiseras personne, donc tu n'auras pas de conversation débile, même légère, à soutenir. Il faut marcher en serrant les fesses, certes, mais il faut également, autant que possible, s'abstraire de la difficulté du moment. Tu dois te vider mais tu dois faire comme si ce n'était pas le problème. Il faut que tu te concentres sur ce bout de revêtement de sol qu'il faudrait changer à cet endroit, là. C'est tout gondolé et c'est franchement moche, n'est-ce pas. Peut-être redonner un coup de peinture sur une porte d'entrée d'une salle de cours. Oui mais alors, il faut penser en termes de lignes budgétaires, éventuellement de décision à acter au prochain conseil d'administration de l'établissement. Tu rachètes pas un pot de peinture comme ça.
Logiquement, là, tu as une seconde de faiblesse: le mot "peinture" te fait penser à la couche que tu vas mettre aux gogues, si tu arrives aux gogues, si tu ne tombes sur personne. Evidemment, avant de sortir de ta salle, tu n'as pas oublié de prendre un manuel quelconque. Pour tes photocopies de l'heure d'après.
Les derniers mètres, comme prévu, sont les plus éprouvants. On va partir du principe que le scénario est le pire qui pouvait se produire: les toilettes se trouvent au bout d'un long couloir rectiligne. Le bâtiment est rectiligne, parallèle à l'avenue de la gare, dans le trou du cul d'une campagne française.
Trou du cul. Là, c'est idem: dans quelques secondes, tu vas avoir la rondelle belle comme l'Etna en superproduction Hollyvode, 3D. Il ne faut surtout pas que ce soit occupé. Il y a deux chiottes, normalement, à cette heure-ci, il y en a au moins un des deux qui est libre. En temps ordinaire, tu n'aimes pas y aller car tu sais qu'on entend ce qui se passe sur le trône voisin. Cela permet, entre autres, des concours de flatulences entre collègues décoincés. D'autant plus qu'un des deux ouatères se trouve contre le bureau de la proviseure, naine trotskyste à crottes de nez paléolithiques. En temps ordinaire, tu as ta pudeur. Cette fois-ci, tu t'en fous bien. Le concours de pets, le challenge des meilleurs floc-floc-schplaf, c'est toi qui va les gagner, même si tu es seul/seule en lice.
Tu fermes derrière toi, ton corps s'agite, c'est vraiment pas loin de gicler mais à présent, il faut se dégrafer le froc, baisser le slibard. C'est quasi-intenable. Tu ne sais pas vraiment ce qui s'est passé pour que tu aies envie de te délester de la sorte. On va dire que ça se passe dans l'après-midi et que la tarte au citron, à la cantine, avait un goût franchement bizarre.
Lâche tout, maintenant, vas-y. Grogne comme si tu avais un orgasme. Tes yeux explosés, ton corps explosés, ta conscience électrisée s'épanchent dans l'univers, tous les univers, en équilibre sur la fine pointe de l'Etron Polaire.
Je te reprends quelques minutes plus tard. Pour que le crime soit parfait, tu n'as pas oublié tes photocopies (tu as regardé tous les Columbo). Le couloir rectiligne, à présent, tu t'en branles. La peinture à refaire: rien à cirer. Le revêtement qui gondole: on s'en tape le cul par terre.
"Excusez-moi encore, vraiment, mais il fallait que je fasse ces bon sang de photocopies, sinon j'aurais été dans... sinon, c'était, euh, pas évident, après."
Ce n'est pas grave si tu bafouilles un peu. Ce n'est pas grave s'ils ne sont pas dupes.
Avec moi, quand ça m'est arrivé, c'était même rigolo. Tu n'ignores pas que je suis télépâtes (les pâtes sont des sucres lents, ils ne produisent guère de caca, le lendemain). J'ai lu dans les esprits différentes conjectures: en fait, il est allé picoler avec son collègue d'Education Sexuelle Contrôlée / en fait, il est allé se faire tailler une pipe par sa collègue d'Education Socialo-Communiste / en fait, il est allé s'acheter des comics sur Amazon, en salle des profs / en fait, il est allé se faire une ligne de coke dans les chiottes / en fait, il est allé se branler en pensant à mes gros seins.
Etc.
Mais non.
Je t'ai dit la stricte, astringente, navrante et honnête vérité. Je cherchais juste à t'aider parce que je sais que sur l'instant, ces épisodes ne sont pas franchement drôles...


reprendre vie

Affalé en coulis de zonard de la fin des temps sur mon siège de tram, à peine structuré par des fringues qui ralentissent quelque peu ma décomposition, je rote mélancoliquement des bulles de rien alors que le véhicule ne m'emmène même pas vers ma fin terrestre. Les stations défilent. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'il y a d'autres corps autour de moi. Belle fin de journée. J'ai ma sacoche sur les genoux, je pense à l'entropie, à une envie de pisser/chier qui, selon mes non-calculs, devrait se manifester d'ici une trentaine de minutes, j'aimerais couler une bonne fois pour toutes (être purifié, vous comprenez) mais je sens que je vais encore descendre du café filtre chez les Américains basés à côté de ma sundercave. À l'arrêt Alt Winmärik (Vieux marché aux vins), j'aperçois le Yougo, qui a dû faire la Corée, le Vietnam, la Guerre du Golfe et la Guerre de Yougoslavie (en toute logique). Il est bourré, il s'adresse aux passagers du tram en agitant sa boutanche. On ne l'entend qu'au moment où les portes s'ouvrent. Je ne sais pas ce qu'il dit mais il n'a pas l'air mécontent. À ses pieds, le sol est jonché d'écorces de pistaches ou autres klippot. Le tram repart. Je sens poindre en moi une louise astrale, le genre le plus dangereux, qui vous fait repérer tout de suite si vous êtes seul(e) et que votre nez n'est pas obstrué. Je reprends un peu vie pour serrer les fesses. Quand je descends deux stations plus loin, je dispose de quelques secondes et d'une cinquantaine de mètres pour dégazer sans que quiconque me dénonce. Il ne faut pas qu'il y ait de gens autour de moi. Le problème, c'est qu'il y en a. Je me laisse dépasser, genre je marche sans but alors qu'en fait, j'en ai un, bien précis. J'arrive au feu, à l'intersection. C'est rouge pour moi. Je suis seul. Je lâche ma louise astrale sans rien exprimer sur ma gueule. Quand ça va passer au vert, je vais traverser lentement, aussi lentement que la séquence légale me le permettra. L'entrée du diner est juste en face. Je ne veux pas les incommoder. Ils sont gentils avec moi (trop gentils, je trouve). L'autre contrainte, c'est l'absence de vent qui dissiperait plus vite mes effluves. Alors, contre un bout de mur, je fais style le mec qui hésite, qu'est-ce que je fais, j'y vais ou pas, oh et puis j'y vais, hein. Oui car le nuage s'est désagrégé. À l'intérieur, je me prends effectivement du café filtre. Quand je sentirai une nouvelle tension dans les entrailles, je saurai qu'il est temps pour moi de rallier ma sundercave toute proche. C'est l'avantage. Ça coïncidera d'ailleurs avec la fermeture. Une fois rentré, je continuerai de reprendre vie, constaterai de nouveau que ma louise, dans ce contexte qui a tout de même tendance à se répéter, était le signe avant-coureur d'un délestage bien plus conséquent. Sur le chiotte, la boucle sera bouclée: je vivrai pleinement l'instant tout en éructant derechef des sphères vides, le regard vague posé sur l'horizon du placard dans lequel, au bout du couloir (je ne ferme pas la porte des gogues), s'entassent des livres, de vieilles chemises et des restes de buis bénit d'il y a, oh, au moins.