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jeudi 13 juin 2013

sith convivial


Posé sur le chiotte, j'attends, mais pas longtemps. J'ai bien calculé: deux grands verres d'eau du robinet à jeun, au lever. Thé vert, il y a une trentaine de minutes. La porte des gogues reste ouverte car ça ne dérange personne, vu que, précisément, en dehors de moi, il n'y personne. Pourtant, l'humanité n'est pas loin.

Couloir d'entrée dans mon axe. Sur la droite, au bout, porte de l'appartement. Parallèle à ce couloir, mais quelque peu décalé, palier, qui lui aussi est un petit couloir tapissé de moquette (sol, murs). Au bout du palier, un autre appartement, le seul autre à cet étage, dans cette colonne: mes voisins dont je n'ai appris le nom de famille qu'il y a quelques semaines, sans le vouloir d'ailleurs. Contacts réduits au minimum; je ne sais pas si c'est leur volonté, en tout cas, c'est la mienne. J'entends le père avec son môme hystérique de trois, quatre ans peut-être. Gueulard de service. Voix nasillarde du père éducateur, à cheveux longs.

Etron. Le contrôle sphinctérien, ce n'est pas toujours obturer, c'est aussi accepter de laisser passer sans pousser. C'est beau, hein? Je me concentre sur chaque millimètre de la matière azotée qui, ainsi que je le visualise, coule avec lenteur et obscénité de mes entrailles. Je respire par le nez, bien sûr. L'humanité ne sait pas que je suis en train de chier, tout près d'elle. Derrière: des voix venues de l'autre colonne. C'est derrière et un peu en bas, en même temps. En-dessous, j'entends des succès musicaux pour néo-pauvres et, comme souvent, ça s'engueulera dans les minutes qui suivent.

Etron. Etron mais aussi cascade d'étrons, d'eau et de pisse dans la canalisation qui passe par mes chiottes. Belle descente initiée au huitième étage, bonne force d'inertie, je pourrais presque être le Felix Baumgartner du caca mais je réside au premier étage. Je ne vais donc apporter qu'une contribution peu véloce à l'infestation du réseau souterrain. Joli fracas quand même, dans la tuyauterie. Je ne suis pas allé à la Fête des voisins, entre parenthèses. J'ai bien entendu, l'autre vendredi soir, que ça papotait dans le hall d'entrée, mais je n'ai pas bougé. Je me souviens de l'année 2009: ce soir-là, je rentrais du centre-ville, ils étaient tous là, enchipsés jus-d'orangisés. Ils m'ont bien sûr invité à les joindre. La table de jardin, les chaises en plastique, tout était disposé pour que ça prenne le maximum de place, pour que l'accès à l'ascenseur ou à l'escalier soit rendu délicat. Convivialité, obligation de rester: un peu comme dans les sectes, quoi. J'ai quand même réussi à passer, ils n'ont pas compris quand j'ai décliné leur offre (je leur ai dit que j'avais du travail), ou plutôt: ils ont dû penser que j'étais un ours.

C'est vrai, j'en suis un, mais je ne recours pas trop à cette image que je trouve rapidement très limitée, orientée vers une espèce de tendresse niaise sous-jacente à l'idée qu'on se fait de cet animal. Le lendemain matin, quelqu'un est venu frapper à ma porte. Comme d'habitude, je n'ai pas répondu. J'entendais deux gamins, du coup j'ai identifié le visiteur: une nana de ma colonne (je ne sais de quel étage, en revanche), probablement venue me proposer un reste de quatre-quarts ou quelque chose dans le style. Paroles convenues, sincères peut-être: "C'est dommage que vous n'ayez pas pu rester avec nous." Je visualise la merde qui me sort du trou de balle, mais j'imagine très bien ça aussi. Elle n'a pas insisté, elle est repartie. Quelques mois plus tard, elle se trouvait un nouveau compagnon. Parfait.


Etrons, encore. J'ai envie de créer un groupe sur Facebook, quelque chose qui s'appellerait La littérature pue encore. Parce que je suis déjà membre de La littérature tue encore, groupe créé par Andy Vérol. Cette dernière collusion, là, est très bien: c'est pour les pédés, les nuls, les improductifs, les acharnistes et, dans l'ensemble, les contributions m'intéressent beaucoup. J'en dépose moi-même de temps en temps, et pas seulement des daubes que j'écris. Et puis j'aime y croiser toutes ces jeunes connes bien pensantes qui cherchent de la bite littéraire (ça ne veut pas dire "irréelle") sans oser le dire. Alors, peut-être que je pourrais fonder le pendant de ce groupe, qui se spécialiserait dans la littérature que je considère comme mauvaise, voire nulle à chier. Là aussi, je règnerais sans partage, j'insulterais les pas contents, puis je les éjecterais. Ça ne m'empêcherait pas de continuer de me branler sur YouPorn, par ailleurs.

Etron. Les jedi m'insupportent, au final. Je les croyais gentils, ils sont juste fades. Je les croyais intelligents, alors que ce sont les putains de bobos mondialistes d'une saga qui sent de plus en plus le rance. Ou pour dire ça autrement: je préfère ces enculés de sith et d'impériaux.

Oui.

Je crois que je suis vraiment fait pour la vie en copropriété.

Je me lève, me torche et tire la chasse.




mardi 11 juin 2013

ça roule bien, aujourd'hui


« Putain, Paul, non ! » « Non, Paul, s'il te plaît, fais pas ça ! » « Paul, arrête ça ! » « Paul, s'il te plaît, fais pas ça, tu vaux mieux que ça... »
Je leur fais croire que j'ai une seconde d'hésitation. Vais-je le faire ou ne pas le faire, au bout du compte ? Tout dépend de cette seconde. Après, je ne pourrai plus revenir en arrière, tant l'acte est radical. Ils sont tous là, autour de moi, désireux de me sauter sur le paletot afin de m'empêcher de commettre mon geste. Mais quelque chose les retient. Ils doivent se dire que s'ils avancent ne serait-ce que de quelques centimètres, je précipiterai ma décision, ils m'y forceront. Tout s'est arrêté, à ce vernissage. Seule une douce musique d'ambiance à la merde, distillée par un dj sous valium, traverse l'atmosphère, imperturbable. Même le gars, à sa platine, a cessé de tripoter ses galettes. Pourtant, il se trouve un peu loin de l'attraction que je constitue. Ils sont tous agglutinés en cercle, figés d'horreur.
J'ai l'objet dans la main. Je l'approche de mon visage, plus exactement de ma bouche. Les cris redoublent. Ils ont vraiment l'air de tenir à moi, ces gens. Incroyable. Après tout ce que je me suis pris dans la gueule, pendant toutes ces années... Les voici qui m'aiment au point de me refuser le droit de commettre un acte strictement, terriblement libre. J'en vois qui ont les larmes aux yeux, des nanas surtout. Terrorisées, le regard suppliant. Je pourrais jouer là-dessus, extraire de leurs prunelles humides du jus de jouissance narcissique. Avec les hommes, ce n'est pas pareil, n'est-ce pas. Mais je vais m'en tenir à mon objectif initial, qui est de montrer l'étonnant comportement du corps humain soumis à des informations sensorielles bien spécifiques.
J'ouvre la bouche, oriente l'objet pour une meilleure pénétration. L'entrée dans le corps doit suivre une trajectoire parfaite, car je n'ai pas envie de me rater. Je commence à voir de l'épouvante à droite, à gauche.
« Paul, nooon... »
C'est trop tard, à présent. Je ne peux plus revenir en arrière. Cela fait trop longtemps que j'ai préparé mon geste.
C'est parti.
J'enfonce lentement dans ma cavité buccale mon cristal atlante véritable, acheté dans une boutique new age de San Francisco. (C'était à l'occasion d'une visite rendue à ma famille de Potrero Hill.) Tandis que la pierre claire disparaît lentement en moi, la boule Obut sur laquelle je suis accroupi s'enfonce tout aussi posément dans mon anus. Les gens n'en reviennent pas, du moins ceux que cette prestation ne navre pas. Avaler un cristal atlante, de Californie ou de la Porte de Clignancourt, c'est déjà pas mal. On se dit qu'il y a un truc, que c'est une brillante simulation. D'un autre côté, ce cristal ne présente pas d'arêtes vives, il est plutôt en forme de gros bonbon, alors peut-être que Paulo pourrait vraiment l'ingérer sans se niquer les entrailles. Il pourrait même le chier intact, comme fait Sir Roger Moore dans L'homme au pistolet d'or. Mais une boule de pétanque dans le troufignon ? Pas possible... Il est en train de nous mener en bateau, le gars, et nous, comme des cons, on est là à pousser des cris, on tombe encore dans le piège, il arrive une fois de plus à nous embobiner dans ses jeux de séduction... Quel dommage, parce qu'on l'aime bien quand même, le Paulo, enfin, la plupart d'entre nous.
La boule disparaît entièrement dans mon trou du cul qui ne voit apparaître aucune fissure, ainsi que des témoins dignes de foi peuvent l'affirmer. C'est une technique, voyez-vous. Je le redis : pas question d'improviser. Seule une initiation reçue dans un très secret monastère du Népal me permet cette double absorption. Oui, j'ai été initié là-bas, un jour, à la suite de circonstances particulières que je ne détaillerai pas aujourd'hui.
Comme on dit, l'assistance est médusée. Plus de cristal, plus de boule. Je les porte en moi, mais que vais-je en faire ? J'ai bien promis, juste avant mon passage à l'acte, que je les ferais réapparaître le plus naturellement du monde au bout de quelques minutes. Les gens s'attendent à ce que je gerbe le cristal. Quant à la boule Obut, je vais la chier, c'est ça, hein ? Aussi simple que ça, dans le fond... Donc, finalement, rien de bien nouveau sous le soleil, hormis les remarquables propriétés élastiques de mon anus...
Mais non : ce vernissage sera, au final, plus intéressant que prévu. Au bout de quatre minutes, à peu près, j'informe les invités, toujours massés autour de moi, que je vais expulser le cristal. Les gens, instinctivement, se reculent : ils prévoient des éjections de jus infra-organiques douteux. Je les rassure immédiatement : ils ne craignent rien car, regardez bien, voici que le cristal me sort par le fondement. Stupéfaction ! Ou alors il avait déjà un deuxième cristal planqué dans le rectum, le gars ?... Un expert minéralogiste prend une paire de gants cherchés aux cuisines, palpe le produit de ma ponte et l'affirme de la manière la plus catégorique : c'est en effet le même cristal. Les légers dépôts de merde à sa surface n'y changent rien. La pierre serait donc descendue à vitesse ultra-rapide ? Impossible ! Ah oui, mais il a parlé d'un monastère en Extrême-Orient...
Mais la boule de pétanque ? Il va la chier aussi ?? Elle n'a donc pas obstrué le passage du cristal ? Ah, toujours ces raisonnements très limités, alors que la réalité s'explique de multiples façons... Oui, monastère secret, mystères de l'Asie profonde, sciences et arts autres !
Une déformation de ma gorge se fait soudain voir. Les gens, soudain très inquiets, ont l'impression de se payer L'Exorciste pour de vrai, alors que ça n'a aucun rapport... Il y a quelque chose de massif qui me remonte le gosier. Tout se passe comme prévu. Une fois en bouche, mes joues se gonflent comme celles d'une grenouille de fable. Sans que j'y mette les mains, sans que ma dentition se barre avec, sans que mes lèvres éclatent, la boule de pétanque fait son apparition, s'extrait avec lenteur, imbibée de salive puis tombe sur le plancher avec un grand fracas, roule sur quelques mètres. Les gens, à nouveau, reculent. Objet tabou ! Chargé de mana ! Peut-être aussi de caca ! Un autre membre du jury, haut fonctionnaire du ministère de l'agriculture, vérifie le matricule de la sphère métallique aux parfaites striures, admet, quoique avec réticence (c'est un gauchiste), que les chiffres correspondent, qu'il s'agit donc bien de la boule que je me suis carrée dans le cul quelques minutes plus tôt. Elle charrie d'ailleurs une légère odeur de fèces, si jamais le seul matricule ne parvenait pas à convaincre.
Exact. C'est d'ailleurs pour cette raison que, une fois convenablement renculotté, je me dirige vers le bar afin de me rincer la gueule. La foule, muette, s'ouvre devant moi, comme si j'étais le Silver Surfer venu annoncer la fin du monde. Mais je ne suis qu'un homme. Je voulais juste montrer que tout ne tourne pas autour de Descartes. Et comme il paraît que je suis « charmant tout chou », « un truc qui se fait griller sur le feu en chantant Stewball de Hugues Aufrayte », c'est bien volontiers que j'offre ma boule et mon cristal à une charmante jeune femme d'abord venue, avec beaucoup de grâce et de timidité, me demander une dédicace sur son exemplaire de Celui qui titube dans les ténèbres. Bonne continuation à tous, ne mangez pas trop lourd.


  

freakburger


Un jour que j'étais en pleine forme, dans le nord de la France, j'ai acheté des burgers et des frites surgelés dans une station-service qui se trouvait en face de ma chambre d'étudiant, sur un long boulevard près de la gare. Je peux bien le dire: la ville, c'était Amiens. Amiens m'a toujours déprimé, en toute saison, et en particulier le dimanche soir. C'était l'époque où j'étais inscrit à la fac, là-bas. Avec des cours le lundi de bonne heure, j'arrivais de Compiègne par le train (une micheline pourrie, la plupart du temps, qui mettait une heure trente pour faire quatre-vingt kilomètres), la veille au soir. Je montais deux étages dans une vieille baraque en pierre de taille, pas une "amiénoise" (briques rouges), je pissais et je n'avais que l'embarras du choix, après: lecture, branlette, etc. Ou manger. Souvent, je redescendais mais je n'allais pas au restau-u (dégueulasse). Je marchais quelques mètres sur le trottoir, j'achetais un américain, sans majuscule, je remontais, bouffais sans appétit, seul. Je me couchais. Mais ce soir-là, oui, j'étais vraiment d'une très belle humeur, alors l'envie me prit de traverser. Il y avait un petit rayon alimentation, en plus du super et du diesel: tu achetais un truc, tu payais, et tu partais vivre ta vie, toutes directions. Moi, donc, j'étais juste le connard d'en face, sans voiture, sans moto, sans rien. C'est la seule fois où j'y suis allé. J'ai repéré ce qui me semblait le plus infect: des burgers et frites industriels. Sur le palier de ma chambre, il y avait un four à micro-ondes. Parfait. J'ai acheté tout ça, je suis remonté, j'ai fait chauffer, curieux du résultat que j'allais obtenir. Eh bien, le burger avait un goût chimique, surtout la sauce fromage. Je n'étais pas déçu car c'est ce que je recherchais: la misère absolue d'un dimanche soir de merde. Mais en fait, j'ai pris mon pied avec les frites, quand j'ai retirées celles-ci du micro-ondes: je me suis aperçu qu'elles étaient collées à l'assiette. Pourtant, j'avais bien respecté le temps de cuisson, comme un vrai gastronome. Ce fut l'apothéose: des frites à décoller, pour accompagner un burger fabriqué dans une usine à cadavres.
Eh bien, je n'eus aucun problème de digestion, et passai une excellente nuit. J'avais bien géré l'horreur, au final.



dimanche 9 juin 2013

votre lose, pas la mienne




Je vois pas mal de gens qualifier leurs contemporains de perdants, de ratés, de nuls, etc. De perdants, surtout, à ceci près qu'ils n'utilisent pas le français pour exprimer la chose, mais l'anglais. Voici ce que ça donne la plupart du temps : nous habiterions une planète de « loosers ». Genre « c'est tous des gros loosers ». Déjà, il serait préférable de dire « de gros loosers ». En plus, et c'est surtout ça que j'aimerais dire, en fait, ils sont complètement à côté de la plaque : on n'écrit pas « looser » mais « loser ». Je me permets de rappeler que le verbe associé à ce terme est « lose », qui donne « lost » au prétérit et au participe passé. L'erreur vient probablement du fait que le doublement de la lettre o appelle une prononciation (à peu de chose près) en « ou ». Il faut quand même se méfier, car deux o consécutifs peuvent produire un autre son (phonème), comme dans « blood » (± « blad ») et « flood » (± « flad »).

Par ailleurs, « loose » existe bien en anglais, mais le sens n'a rien à voir avec « lose ». « Loose » peut signifier ce qui est mal fixé, mal arrimé, voire ce qui est détaché, ou même carrément en liberté, avec une notion de danger, comme dans Creatures on the Loose. Ce terme peut également désigner ce qui est vendu à l'unité. Au niveau de la prononciation, « lose » se termine par [z], alors que « loose » finit sur un son moins doux [s].

Les Losers de DC Comics sont d'abord des personnages qui firent leur apparition (entre 1959 et 1964) dans des aventures individuelles regroupées dans le magazine Our Fighting Forces : Captain Johnny Cloud, Gunner et Sarge, Captain Storm. Ils représentent les différentes armes de l'armée américaine engagées pendant le second conflit mondial. Robert Kanigher, qui fut leur créateur, décida d'en faire une équipe à partir de 1970. À cette époque, la guerre du Vietnam pesa de tout son poids sur l'ambiance de leurs aventures : les Losers allaient devenir des anti-héros (ce qui n'avait pas été le cas au cours de leurs exploits vécus séparément), dessinés par Joe Kubert, Ross Andru et Mike Esposito, John Severin et Jack Kirby.

Chez Marvel Comics, Creatures on the Loose s'est d'abord appelé Tower of Shadows. Lorsque le deuxième titre a pris la suite (en mars 1971), le magazine a pendant un certain temps proposé des histoires sans personnages récurrents mais toujours basées sur des monstres ou créatures étranges nés d'expériences scientifiques, ou surgis d'autres espaces. Les noms de ces êtres ne manquaient pas de poésie : Moomba, Korilla, Spragg et, sur la couverture ci-dessous, la très spéciale créature venue de Krogarr, via la TNT. C'est très intéressant, d'ailleurs : « Krogarr » n'est pas sans évoquer l'allemand « Krieg ».

En tout cas, vous finirez peut-être par retenir la différence entre « lose » et « loose ». Mais, chers lecteurs que cela concerne, c'est votre problème, pas le mien... 



il est temps de laisser la place


Sunderland, vous n'êtes qu'une merde. Une merde avec des bras, des jambes, une sale gueule. Une bite peut-être, mais j'en suis moins sûr, en tout cas je n'ai pas trop envie d'imaginer cette chose en particulier. Je viens de lire votre torchon, Celui qui titube dans les ténèbres. C'est absolument hallucinant de nullité. J'y ai vu (ce qui n'était certainement pas votre objectif) toute l'ampleur de la merde que recèlent vos entrailles, votre cerveau malade. Je songe à Ketchup Universe: parfaite expression de vos désirs sexuels inassouvis. Deux filles ensemble? Mais voyons, ce sont forcément des lesbiennes. Un homme attablé avec un ordinateur? Il est nécessairement en train de visionner, aussi discrètement que possible, une vidéo porno. Voilà ce que vous projetez sur le monde, Sunderland: votre merde, vos frustrations. Vous pouvez vous livrer à ce pitoyable name-dropping qui consiste à se réclamer d'Ernst Jünger. Ça ne prend pas avec moi, ni avec beaucoup d'autres, laissez-moi vous le dire. Vous pouvez même surenchérir dans la bêtise par des rots synthétiques ou réels, afin de camoufler par l'absurde l'idéologie puante qui est la vôtre. Vous êtes démasqué, Sunderland: intellectuellement (si j'ose encore, dans votre cas, recourir à cet adverbe) fasciste, nazi; littérairement (même hésitation) très, très mauvais. Votre syntaxe est d'un niveau affligeant, pour un homme qui se prétend "écrivain", "traducteur littéraire". Allez donc crever dans la rue, Sunderland, et laissez votre place à de vrais artisans de la langue. Et pour ce qui est de l'existentiel, vous êtes bon à jeter aux ordures. C'est d'ailleurs ce que vous ne cessez de réclamer, dans vos délires d'histrion. Qu'est-ce que vous ne feriez pas pour qu'on vous remarque? Vous n'avez que ça, comme technique de séduction, c'est vrai, car vous êtes laid. Comment une femme pourrait-elle vous désirer? Vous puez du mental depuis depuis que vous savez tenir un stylo et former des lettres. Je n'ai pas besoin d'enquêter sur vous pour le savoir. Vous vous complaisez dans votre merde, vous ne cessez de geindre et, en même temps, vous voudriez qu'on s'occupe sans cesse de vous, qu'on vous bichonne, qu'on vous plaigne. Vous seriez une merde même si vous n'écriviez pas. Quand je pense à toutes ces personnes qui, ici ou là, ont dû subir votre présence pendant toutes ces années. J'ose à peine imaginer l'impression d'étouffement qu'elles ressentaient lorsque vous vous trouviez dans les parages. Il vous fallait certainement être le centre de toute l'attention. Ou alors, vous choisissiez le comportement de l'ours qui ne demande qu'à se laisser attendrir par des femmes. C'est encore le cas, pas de doute là-dessus. Votre libido est plus que tourmentée, Sunderland, le texte Ketchup Universe le prouve de manière catégorique. Plus loin dans votre infect recueil, vous osez nous décrire le déroulement d'une messe à laquelle vous assistez. En plus de vos considérations pseudothéologiques vaseuses, vous trouvez quand même le moyen de corrompre à nouveau l'atmosphère en insistant sur le fait qu'au moment de la communion, vous regardez avec attention les hanches et les fesses de la femme juste devant vous. Il faut impérativement que vous disparaissiez de la circulation, Sunderland, et cela pour le bien de tous. Je sais que vous avez plus que jamais envie d'écrire, puisque vous voici désormais publié. J'espère, moi, que le destin dressera sur votre route toutes sortes d'obstacles qui vous empêcheront de salir la réputation des éditions m@n et de poursuivre votre œuvre de pollution de la blogosphère. Il est vrai que votre retentissement est tout sauf énorme; malgré tout, vous pourriez finir par agréger autour de vous suffisamment de lecteurs égarés pour vous constituer une cour, ou plutôt un harem, ainsi que vous l'envisagez probablement dans votre tête très fatiguée. Cela ne doit pas être. Déjà, des voix excellentes s'élèvent, à l'intérieur même du site m@n, pour faire éclater la vérité sur vous. Bien entendu, vous ne savez y répondre que par l'insulte. Peu importe: pour vous, Sunderland, la fin est proche. Je ne sais pas si j'aurai accès aux données de la reddition des comptes que Léo Scheer a le devoir de vous envoyer à la fin de l'année civile, mais j'espère que vous n'aurez pas beaucoup vendu de votre abominable recueil. J'espère que d'ici décembre, on aura compris, chez m@n et ailleurs (à commencer par Facebook) à quel point vous êtes, au mieux, un pathétique étron avec des jambes, au pire, une bête nuisible.



vendredi 7 juin 2013

habeas porcus


Je visitais une ferme, dans le sud de l'Angleterre, plus exactement dans la région de Brighton. C'était au mois de novembre, il faisait gris, froid et humide. Les nanas qui faisaient partie du groupe ne supportaient pas. Les autres mecs ne supportaient pas. Moi, ça allait, peut-être que j'ai des origines en partie anglaises. Oui, donc, un groupe, une ferme. Pas loin de là, on s'occupait aussi comme on pouvait à l'occasion d'une découverte de l'enseignement agricole britannique, dont l'architecture diffère grandement de ce qui se passe en France. Mais peu importe. On visitait des exploitations, par terre c'était dégueulasse, ça puait, mais les chevaux étaient gentils. Les porcs aussi. À part ça, ils étaient extrêmement bruyants, surtout que les fermiers les avaient regroupés dans une zone spéciale porcs, ça doit porter un nom, il doit y avoir un équivalent de l'anglais "pigsty", je devrais savoir ça car je suis traducteur mais, en fait, je m'en branle relativement. J'irai voir après. Que je vous dise d'abord: les filles étaient terrifiées par l'incessante cacophonie des "grouik grouik", et par les bestiaux qui les émettaient. Les mecs, moins, mais je les sentais tout de même un peu gênés par quelque chose; sur leurs visages, ça se devinait, mais eux-mêmes semblaient ne pas arriver à mettre le doigt dessus.
Au milieu de ce hangar et de la masse rose des cochons turbulents, une travée avait été aménagée pour les humains. Je ne sais pas mais j'imagine: pour la bouffe, le nettoyage. Ils étaient parqués dans des enclos métalliques, genre prisonniers, ou supporters de foot. Sous la toiture, le son était décuplé. La travée était large pour un homme, mais pas plus. Immédiatement à gauche et à droite, ce n'étaient que groins curieux, couinements titanesques. Jusqu'à perte de vue, presque.

Il fallait traverser pour rejoindre je ne sais plus qui, de l'autre côté. La travée, c'était le seul chemin possible. Non, c'est inexact. On pouvait rattraper l'autre côté en ressortant mais, au final, ça faisait faire un sacré crochet. Je regardais les nanas, pas tranquilles du tout. Mines dégoûtées, comme leurs homologues masculins, mais avec un soupçon de terreur. Pourtant, elles avaient bien vu que c'était sécurisé, qu'il n'y avait absolument rien à craindre. Les bestiaux étaient soigneusement cantonnés dans des espaces bien verrouillés. Et puis, ce n'étaient que des porcs. Mais non: traverser ces quelques dizaines de mètres au milieu de ces centaines de créatures, se retrouver au milieu d'elles, c'était angoissant. Ça faisait film d'horreur. Ou remugles troubles de l'inconscient, chez ces demoiselles. Du moins était-ce ma théorie. Je peux dire que j'appréciais grandement la situation. Les pépettes, d'habitude si sûres d'elles, de leur pénétration (hum) psychologique, de leurs savoir-être, etc, eh bien là, elles en chiaient devant quelque chose que, manifestement, leurs petits cours de fac n'avaient pas prévu. Les mecs tiraient un peu la tronche aussi, mais c'étaient des mecs, avec des couilles, alors pour eux c'était encore plus délicat, dans un sens: ils ne pouvaient pas se désister. Il leur fallait traverser. Ce n'est pas que les filles tenaient à prendre une attitude féminine stéréotypée, ce qu'on appelle aujourd'hui, je crois, un "gender role", sauf que là, si. D'un seul coup, elles se sentaient encore plus gonzesses, créatures sans gonades devant des animaux sans équivoque.



Les mecs, donc, y sont allés. Parmi eux, pour autant que je me souvienne, il ne se trouvait aucun pédé, pardon, je veux dire: aucun homosexuel. S'il y en avait eu un, j'aurais bien aimé voir sa réaction. Deux, c'eût été quelque peu faussé, à mon avis. Non, là, on n'avait que de l'hétéro amateur de jeux vidéos, de Trivial Pursuit et de Pascal Obispo. Ils ont quand même tracé. Pas question de s'attarder. Tous l'un après l'autre. Les filles ne les ont pas suivis. Je pense qu'elles avaient décidé, sans paroles et dans une espèce de télépathie de leur sexe, d'aller quand même s'emmerder à contourner par l'extérieur mais, auparavant, elles voulaient voir des mecs en train de faire les mecs. Je ne sais pas si elles ont été déçues ou non. Les autres avaient hâte de se retrouver à l'autre bout du hangar. On aurait dit que pour eux, c'était limite une expérience de mort imminente, avec lumière au bout du tunnel, le truc auquel s'accrocher mais, encore une fois, sans ostentation. Garder une attitude masculine digne, avant toute chose.

Et puis, à la fin, il ne restait plus que moi.

Les filles me regardent sans rien dire, genre "ben tu y vas, ou tu viens avec nous?" Ma décision serait lourde de conséquences. Enfin, lourde à leur niveau: je serais définitivement classé homme ou non-homme, moi qui, déjà, à leurs yeux, était un peu space, pas comme les autres mecs du groupe. Space et louche. Moi, ça m'amusait beaucoup.

J'ai à présent la travée pour moi tout seul. Le groupe des mecs attend à la sortie d'en face. Les filles d'un côté, les autres de l'autre et moi, je m'engage au milieu de la porcherie mais la guerre de sexes n'aura pas lieu et je ne serai le médiateur de personne. Pourtant, parvenu au milieu, je fais halte. Tous, aux deux extrémités, ont une espèce de frisson, je le devine à distance, comme s'ils étaient sur le point de se dire "mais quel con, il va se faire dévorer." Je suis entouré par des dizaines, non, des centaines de porcs hurlants. Je lève les bras, fais le V de la victoire, un grand sourire au visage, et je parviens à gueuler, encore plus fort que Sus scrofa domesticus: "Ouaiiiis les gars, merci, votez pour moi!!!" Les bestiaux semblent redoubler d'enthousiasme. C'est mon triomphe, mon apothéose, je serai le président de la Vè porcherie, le maître de l'habeas porcus. Je reste bien une bonne minute comme ça, à remercier mes électeurs. Puis je reprends mon chemin vers la sortie, sous les ovations.

Une fois dehors, tout le monde m'a regardé comme si j'étais le dernier des abrutis. Je savais d'avance que mes compagnons de voyage feraient, à quelques mois de là, des profs très corrects, une fois leur titularisation obtenue. Moi aussi, d'ailleurs. Mais j'étais juste le porcher, en fait. Et, en matière d'enseignement, il n'est pas du tout certain que ces personnes me voient, un jour ou l'autre, leur faire le coup de l'enfant prodigue.




jeudi 6 juin 2013

crever réaliste


L'idéal, Paul Sunderland, serait que vous alliez crever quelque part loin du monde, et le plus vite possible. Ecrire comme vous le faites, polluer votre entourage comme vous le faites, vous complaire dans votre merde comme vous le faites: cela, et bien d'autres choses encore, doit cesser. Vous-même, d'ailleurs, n'arrêtez pas de réclamer qu'un sniper soit engagé pour vous tuer d'une balle dans la tête, depuis une quelconque fenêtre en hauteur, ou le toit d'un immeuble. Mais que vous êtes nul, Paul Sunderland. Ce fantasme est à peine digne d'un jeune boutonneux semi-crétin et qui voudrait vivre sa vie comme on le fait à Hollywood... Un sniper... Et puis quoi encore? Vous croyez que les gens n'ont que ça à faire, s'intéresser à votre minable petite personne? Vous croyez que ça se passe comme ça, dans la vie? Il est vrai que vous proposez d'autres options, en ce qui concerne votre fin rêvée. À défaut d'un franc-tireur, vous vous verriez bien signer un "contrat" pour aller mourir au fin fond de la planète, à l'occasion d'une d'une très fumeuse "mission-suicide". Vous êtes d'un pathétique... Mais vous envisagez aussi, cette fois d'une manière peut-être un peu plus réaliste, d'aller vous perdre dans une épaisse forêt, sans prévenir personne, et de vous laisser mourir au pied d'un arbre. J'aurais plutôt tendance à vous recommander cette méthode; seulement, n'attendez pas, Paul Sunderland: vous voyez que les beaux jours reviennent enfin (enfin, les beaux jours dans l'esprit normal des gens, car dans votre cerveau détraqué, si le temps n'est pas automnal voire carrément hivernal, il est forcément dégueulasse), les beaux jours reviennent, il fait doux, votre mort aussi serait douce si vous partiez sur-le-champ. Trouvez-vous donc un bois bien épais, un coin où les gens ne vont pas, même pas pour les expériences sexuelles avec poupées gonflables, même pas pour prendre en douce de la came. Cerveau détraqué, oui: vous ne savez faire qu'enlaidir, corrompre, Paul Sunderland. Chez vous, la beauté revêt obligatoirement un caractère insupportable puisqu'elle ne correspond pas aux laideurs dont vous ne pouvez vous passer. La beauté vous est inaccessible, comme les femmes, comme l'amour, et vous en trépignez de rage, pauvre petite chose, espèce de minable. Alors, tant qu'à faire, autant compenser par la rage, l'acidité d'une pensée qui, pourtant, ne parviendra jamais aux chevilles du moindre tâcheron de la littérature. Admettons que vous alliez polluer une dernière fois un espace boisé. Admettons que vous y fantasmiez vos dernières micro-gouttes de sperme sur une terre qui ne vous a rien demandé. Admettons. Et dépêchez-vous de nous laisser tranquilles, Paul Sunderland. D'autres, bien plus méritants que vous, attendent que votre disparition leur laisse un peu de place, aux éditions m@n ou ailleurs. Si j'en avais la possibilité, je ferais en sorte d'effacer tous les contenus de votre blog inepte. Mais je ne le puis, par conséquent j'espère juste que les visites sur ces pages ineptes, ineptes mais également ignobles, j'espère que les visites se tariront bien rapidement. Vous n'êtes qu'une merde, Paul Sunderland. Je ne sais pas ce qui vous a pris de vous mettre à l'écriture, vous qui, jusqu'alors, aviez tenté de compenser vos frustrations affectives par des jets d'insultes sur un ou deux forums, il y a quelques années. Vous me répondrez peut-être que l'époque des forums est désormais un peu révolue et qu'il faut trouver d'autres supports d'expression. C'est d'ailleurs ce que vous avez fait en allant polluer, vers 2009 si je ne me trompe, les m@nuscrits des éditions Léo Scheer. Je trouve que là-bas, ils ont été bien gentils de vous tolérer. À leur place, j'aurais bloqué votre IP. Ils n'avaient probablement pas pris toute la mesure, à l'époque, de votre capacité de nuisance. Aujourd'hui, voilà où nous en sommes arrivés. Nous vous avons nourri, bien malgré nous.
Allez donc crever au bois, Paul Sunderland. Décomposez-vous dans le sol, disparaissez. C'est ce que vous avez de mieux à faire: vous satisferez votre pulsion suicidaire et pour nous, ce seront des vacances. Alors nous pourrons vraiment lire des textes bien écrits par d'autres, qui savent respecter les femmes, qui savent apprécier l'Autre, tout simplement.